Mémoire réalisé par Fabrice Vinot

Pour l’examen du 6ème dan de Karaté-Do - vendredi 06 juin 2008 à Paris
Directeur de mémoire : Bernard Bilicki

Sommaire

Une situation paradoxale.. 4

Pourquoi se présenter à l’examen.. 5

Pourquoi  LES MAINS ?. 6

Histoires de mains : 8

La première histoire est liée à l’évolution de l’homme.. 8

La seconde histoire est son développement 8

La troisième histoire est sa vie.. 8

La symbolique de la main.. 9

A travers les religions et les institutions. 9

A travers les arts. 10

De l’anatomie à l’action.. 12

Présentation anatomique.. 12

Présentation mécanique.. 13

Autour de la main.. 13

Mains et leviers. 14

Les mains et le cerveau.. 16

L’action.. 16

Nos quatre mains. 17

Symétrie et dissymétrie.. 18

La force d’un mot universel 19

Et les gauchers ?. 20

Les mains et la parole.. 21

Et l’émotion ! 22

Les mains et les arts martiaux. 23

Les mains : du combat à la pacification.. 23

Quelle est l’arme suprême ?. 24

Mains et Karaté-do.. 25

La main : vecteur  intemporel 25

La main visible.. 26

« Té » Main ou Poing : 28

Le poing et le point 29

Seiken la forme et le fond ou seiken le miroir de soi 30

Forgées pour ne pas être utilisées. 33

Les éléments de substitution.. 34

Les mains en tant qu’outils. 35

Mains et énergies. 35

L’indépendance et interaction des mains. 37

Les attaques de poings et de Mains. 38

Les défenses de Mains et de Poings. 40

Le rôle des mains lors des coups de pieds. 42

Le rôle des mains lors des déplacements et les esquives. 43

Le rôle des mains lors des clés, étranglements, projections et déséquilibres. 44

L’importance de chaque doigt dans la pratique martiale.. 46

Pathologies. 47

Métaphores. 48

Expressions. 48

Quelques citations : 49

Divers. 50

Les mains dans la recherche du bonheur et de la sagesse ! 50

Ce que mes mains ont fait : 51

Après propos : 52

Remerciement : 52

Bibliographie :

Livre d'or 52

retour accueil
Retour vers l'accueil

 

 

adam.jpg

 

Une partie de la fresque représentant  «La création d’Adam» de Michel-Ange (1511) à la Chapelle Sixtine (Vatican)

 

Une situation paradoxale

Les arts martiaux sont une école de vie et cette voie est belle mais cependant longue et difficile. Cette voie  de l’infini et de l’instant emmène les pratiquants occidentaux dans des chemins qui dépassent, leur culture, leur logique, leur manière d’être et de faire.

Dans cette voie ou la dualité n’existe pas et ou la réflexion rend tout paradoxal, comment prétendre être sur la voie du désintéressement et de l’humilité et se retrouver une fois de plus a un examen ?

 

Pourquoi se présenter à l’examen

Dans les arts martiaux si le mot maître est avant tout l’efficacité, c’est aussi un moyen d’expression… La pratique nous emmène sur les différentes strates de l’apprentissage, et au-delà d’apprendre à regarder, écouter et faire, la progression passe nécessairement par des cycles de globalités, d’analyse, de réflexion, d’intégration, de maturation, de remise en question et de doute.

Et si les arts martiaux sont des disciplines apparemment individuelles le résultat ne peut être qu’une émanation d’un collectif qu’il ne faut jamais occulter.

Pour cette première raison passer un examen devient presque un devoir vis-à-vis de tous ceux et celles qui ont contribué d’une manière ou d’une autre à nous faire évoluer. Ce « devoir » va bien au-delà d’une simple reproduction de paroles et de gestes, le plus intéressant en est la synthétisation de ce que nous en avons fait et qui se révèle sous les traits de la personnalisation et la cohérence…

Les premiers enseignements reçus sont ceux de nos parents, ensuite la vie est jalonnée de rencontres imposées mais aussi choisies. Ainsi, un enseignement peut-être reçu de chaque rencontre mais également de chaque situation ou action. Comment remercier notamment tous ceux et toutes celles qui m’ont donné de leurs temps, ce qui est surement le plus précieux, montré leurs connaissances avec sincérité, et ceux qui m’ont donné sans le savoir. Face à ce dilemme, je ne citerai aucun nom par crainte de classer des personnes uniques et égales. Mais cela va de l’inconnu que l’on croise un jour et qui est exemplaire par son port de corps parfait, au grand senseï maître dans son art, au passionné que l’on écouterai à l’infini, au philosophe reconnu et à ceux qui le sont sans le savoir, sans oublier le débutant aux yeux grands ouverts et la bouche pleine de questions. Je ne peux pas exclure dans ce paragraphe ceux qui me contraste car ils m’ont incité à chercher une voie ou des valeurs différentes.

La deuxième raison se situe dans la possibilité d’expression. L’opportunité de présenter un grade est à chaque fois une occasion de reconnaissance qui va bien au-delà d’un résultat.

 

 

Pourquoi LES MAINS ?

 

La question première était, quel sujet développer, les esquives, le kimé, la fluidité, le kumité, les kata… ?

Tous les sujets sont intéressants et méritent d’être abordés, toutefois spontanément sans savoir si cela est lié à l’alchimie de l’âge, au temps de pratique, à une recherche personnelle ou à tout autres chose, un sujet me revenait toujours en émergence : La ou Les Mains.

Effectivement comment pratiquer « La voie de la main vide » et ne pas profiter de l’occasion qui m’est offerte de rendre hommage à celles à qui l’on doit presque tout…

Il est vrai que dans la pratique d’un art  martial le seul langage est celui du corps. Mais utiliser les mains pour parler des mains via l’écriture relève d’un challenge. Les mots peuvent vite devenir une forme de prison pour des mains toujours en quête de liberté.


Avant propos

La difficulté première réside dans le fait de ne pas être réducteur sur un sujet qui ne le mérite pas. Aborder un thème aussi vaste et aussi intéressant ou tout est lié, demande de dépasser largement la limite du Karaté-do… Mais en fait ou sont ses limites ?

Etonnamment, malgré que les mains fascinent on ne retrouve que très peu d’ouvrage leur rendant hommage.  Comme si c’était un trésor placé « à portée de mains » bien avant notre naissance et qui deviendrait en quelque sorte banal ou alors trop complexe pour qu’on s’y aventure. Elles sont traitées souvent partiellement dans des registres bien compartimentés comme l’art (peinture sculpture…), l’ésotérisme, la médecine etc. Il me parait donc important de pallier à un manque. Le temps me semble venu de faire un véritable travail et une véritable recherche sur ce qu’Aristote appelait déjà dans l’antiquité « l'instrument des instruments ».

 

 

Histoires de mains :

 

La première histoire est liée à l’évolution de l’homme

Sans vouloir retracer l’histoire de l’homme depuis l’origine de la vie il y a 3.8 milliards d’années, il est intéressant de remarquer certaines modifications d’une évolution complexe et loin d’être linéaire.

Apparition des premiers primates il y a environ 67 millions d'années – Définition : « Les primates sont caractérisés par une vie en général arboricole, la présence d'ongles aux doigts et aux orteils, l'aptitude à la préhension par opposition du pouce, une prédominance de la vision sur l'olfaction. La présence d'un cerveau plus développé que chez la plupart des autres mammifères. »

Les hominoïdes : 20 millions d'années – « super-famille » regroupant les Primates dépourvus de queue.

L'homo habilis il y a 2,5 millions d'années C'est à habilis que furent attribués l’utilisation des 1er outils, d'où son nom (homme habile) Il a un cerveau d'un volume 3 fois supérieur à celui de l'australopithèque.

L’homo erectus (homme redressé) datés à -2 millions d'années libèrera ses mains à partir de sa station debout. La station debout permettra à l’espèce de voir plus loin, de libérer les mains (lancer des cailloux) et porter la nourriture et ses petits.

L'homme de Neandertal (- 200 000 ans)


L'homo sapiens sapiens (- 200 000 ans) ou homme moderne …C'est-à-dire nous. Selon certains Paléoanthropologue, c’est l’homme moderne qui à inventé la guerre. Les premiers charniers mis à jour datent de l’âge des métaux. Soit 4000 ans. Comme si la découverte de l’agriculture, de l’élevage puis des métaux entraînait le désir de propriété, avec la nécessité de défendre son patrimoine.

 

La seconde histoire est son développement

L’ébauche puis la formation des mains passe par un stade embryonnaire puis fœtal. Dés le 40ème jour la main s’esquisse et passe par une étape tridactyle, seul les trois doigts médians sont individualisés (index, majeur et annulaire). La main pendactyle se forme dés le 60ème jour avec le pouce et l’auriculaire.

La troisième histoire est sa vie

Dés la naissance les mains vont faire face à la vie. La première action ou plutôt reflexe archaïque sera le « grasping » l’agrippement (reflexe, qui nous reste de nos ancêtres les primates lorsqu’ils naissaient) L’évolution sera ensuite parallèle au système nerveux et au cerveau qui vont atteindre progressivement la maturité biologique. La dextérité sera le fruit de travail et d’expérience, les limites ne tiennent qu’à nous…et à l’existence si elle nous épargne d’irréversibles traumatismes. Dans l’ultime étape qui est le vieillissement, la dégénérescence des mains et de leurs fonctions ne sera que le miroir d’un cerveau dont la vie est subordonnée au temps ou à la maladie.

 

 

La symbolique de la main

 

A travers les religions et les institutions

 

 

La main humaine est un outil universel de communication souvent utilisé comme pouvoir central.

Plus concrètement, la main à toujours été chargée de symbolique en particulier dans le domaine religieux : mains de la prière, de la crucifixion, de la bénédiction mais aussi dans le cadre de l’institution : mains de la sagesse, de la vengeance, de la justice…

Les mains ont de tout temps invoqué le destin et représenté le pouvoir. Il est dit que tout est entre nos mains !

Sa signification est souvent double : créatrice, car tout a été créé par la main des dieux, et destructrice par l’homme !

Sur le plan religieux et institutionnel les mains sont omniprésentes et ce de tout temps.  Peut être du fait qu’elles viennent immédiatement en importance après la bouche en tant qu’organe et outil servant à transmettre le langage !

Les textes, les gravures, les sculptures, les peintures, les rites et les coutumes  sont de l’antiquité à nos jours innombrables et ce à travers les cinq continents …

Dans chaque religion, il existe des gestes précis pour prier : mains jointes, l'une contre l'autre, former un signe de croix, imposer les mains, frapper des mains, mains levées à hauteur de la tête ou posées sur le sol…

Essentielles dans les actes rituels, chacune des mains va par leurs positions, leurs doigts, les formes qu’elles vont prendre, véhiculer des messages. Elles seront même  représentées sur des sceptres, objets magico-religieux ! (Saint louis, Napoléon…)

Depuis 35 000 ans la main est sacrée et reste l’épicentre d’une communication codifiée et ritualisée. L’image de la main est donc un des plus vieux symboles que l’humanité utilise. Sans doute un des premiers qui a permis en plus, d’être et de devenir.

 

01main

Le passé Mains négatives peintes lors de l’antiquité en Argentine. (Région de Santa-Cruz).

ET

 

 

 

Le futur plaque embarquée sur Pioneer 10 et 11, (Message picturale de l'humanité)

 

A travers les arts

L’Art reste indéfinissable par sa subjectivité. On peut seulement s’appuyer sur une classification des arts majeurs qui fait toujours référence de nos jours : celle du philosophe allemand Hegel (1770/1831)

 1er art : l’architecture

Très matériel mais limité dans l’expression des sentiments

2ème art : la sculpture

Privilégie d’abord la matière mais aussi l’expressivité

3ème art : la peinture

présence des émotions de plus en plus palpable

4ème art : la danse

5ème art : la musique

6ème art : la poésie

Le plus achevé, au cœur des sentiments, au-delà du matériel

 

Hegel est mort avant que le cinéma ne naisse. L’expression « septième art » vient du critique italien, Ricciotto Canudo, (1912). Suivront ensuite la télévision et la bande dessinée…

 

L’Art est un véritable univers ou la main reste l’outil privilégié.

Enumérer des artistes ou génies modernes et contemporains dans chacune des dites « catégories » serait facile mais en choisir serait déplacé. Cependant dans le registre des mains, certains personnages sont incontournables parmi eux on retrouve Léonard de Vinci, Michel Ange, Rodin…

Leurs œuvres vont au-delà de tous les mots qui existent.

Selon Léonard de Vinci : « Les œuvres que l’œil exige des mains de l’homme sont illimitées » le travail de la main du peintre est un révélateur de pulsions, de passion et de pensées surtout inconscientes – « Le peintre qui a des mains grossières en fait de pareilles dans ses œuvres et ainsi de chaque membre » Parmi les membres du corps, la main est citée la première.

Pour Michel Ange, l’homme s’affronte lui-même dans l’art, il se met à l’épreuve de la matière… La sculpture est déjà dans la matière.

Quand à Auguste Rodin il atteint une sorte d’excès avec plus de quatre cents mains sculptées (à noter que la moitié de ces mains sont des mains « malades »).

En danse pour Maurice Béjart "Les mains sont les yeux du corps".  Aragon les met en poésie tandis que les mains de Jacques Brel prolonge à l’unisson et avec poigne ses interprétations  hors du commun.

Il est étonnant de constater la proportion d’artistes créateurs « Homme » ! Pourquoi si peu de femmes ? Est ce dû à une inégalité d’expression et de droit liée à cinq siècles d’histoire !!! Ou est ce le fait que les femmes  portent déjà en elles la création en donnant la vie… que rien ne peut égaler ! Si l’on considère ce dernier cas, peut-être que certains hommes en charge de revanche avec la nature exacerbent leurs sensibilités et leur besoin de création à travers les arts…

Dans les arts martiaux comme dans tous les domaines c’est le pratiquant qui doit élever sa pratique sur un plan artistique. L’expression gestuelle devient un art mais l’art conservera toujours sa part de subjectivité.

Les arts martiaux se situent dans l’immatériel, l’éphémère, une quête de perfection utopique. Chaque pratiquant a :

  Sa propre recherche

  Sa philosophie

  Son histoire

  Sa sensibilité

Les arts martiaux  proposeront des voies d’accomplissements. L’artiste guerrier qui sommeille en chacun de nous aura pour première tâche de s’éveiller de tout son être. L’homme qui songe, ne peut engendrer un art avec des mains qui sommeillent.

Reste ensuite à chacun de choisir le poing ou la main…


De l'anatomie à l'action

Présentation anatomique

La main présente une telle diversité de fonctions et de tissus en rapport à son volume              qu’il en résulte une complexité sans égal.

  La main est un organe : Effecteur et récepteur

  Son squelette est constitué de 27 osselets

o   8 os qui forment le poignet (le carpe)

o   5 os qui forment la paume (le métacarpe) un pour chaque doigt 

o   14 os qui forment les doigts (les phalanges) 3 par doigts et 2 pour le pouce

Deux  catégories de muscles agissent sur la main : les muscles extrinsèques qui ne sont pas limités à la région de la main et les muscles intrinsèques dont l'insertion est limitée à la région de la main.

  Une moyenne de 150 000 fibres nerveuses relient la main au cerveau

o   L’influx va du cerveau à la moelle épinière via le bulbe rachidien

o   Cinq racines cervicales constituent le plexus brachial (bras)

o   Le  plexus brachial distribue les trois nerfs spécialisés

§  Nerf radial : extenseur des doigts et de la main

§  Nerf médian : fléchisseur des doigts et de la main et oppose le pouce (aux autres doigts)

§  Nerf cubital : incline le poignet écarte et rapproche les doigts et assure la pince pouce index

o   La sensibilité est assurée par le nerf radial, médian et cubital (elle peut discerner une différence d’épaisseur inférieure à 2 dixièmes de millimètre)

  La main présente 2 faces :

o   La face palmaire, l’architecture marquée par ses plis et ses muscles est revêtue d’une peau ferme, c’est la face qui travaille…

o   La face dorsale revêt quant à elle une peau fine laissant apparaître entre autres les tendons et les veines.

  Les ongles contribuent à détecter la pression.

  La main est inusable, les doigts se plieront et s’étireront au minimum 25 millions de fois au cours d’une vie.

 

Présentation mécanique

 

La main possède une mobilité étonnante associant force, stabilité, précision et adaptabilité. Les mouvements de base qui lui sont permis peuvent être combinés entre eux pour le poignet et les doigts.

  La flexion

  L’extension

  L’abduction (ou inclinaison radiale pour le poignet)

  L’adduction (ou inclinaison cubitale pour le poignet)

  Le pouce par sa configuration articulaire (articulation en « selle ») à la possibilité de venir s’opposer aux autres doigts. La commissure du pouce  élargie les limites  de cette « pince »

 

-          Le nombre d’or ou suite numérique de Fibonacci (1115-1240) .

La main s’enroule harmonieusement  car elle obéit à une perfection anatomique :

La longueur de la troisième phalange est l’addition des deux autres.

ICes mêmes proportions, harmonieuses et fonctionnelles, se retrouvent au niveau de l’empan de la main et à différents endroits de notre corps.

La chirurgie réparatrice et reconstructive de la main s’appuie sur ces proportions essentielles quant aux résultats. A noter que ces mêmes valeurs servirent de référence à la construction des pyramides d’Égypte, du Parthénon et des cathédrales !!!  

 

Autour de la main

Aux mouvements de la main on peut associer les mouvements très importants de supination et de pronation du coude (180°) qui viennent lui donner une mobilité supplémentaire

La main étant l’élément terminal du membre supérieur, sur un plan mécanique son fonctionnement optimal est tributaire de toutes les autres articulations tel que : le poignet, le coude, l’épaule mais aussi le rachis.


Mains et leviers

Dans un souci d’efficacité la main et le corps vont devoir s’utiliser de manière rationnelle et scientifique. A partir de sa fonction première de préhension, l’efficience de la main va être tributaire de principes physique et mécanique.

L’objectif étant de réduire la force nécessaire à l'accomplissement d'un travail il va donc falloir prendre en considération un ensemble de paramètres :

  La ou les parties fixes et mobiles,

  Le ou les points d’appuis,

  Les forces et mouvements mis en œuvres,

  Le poids (et la pesanteur),

  La  précision,

  Les surfaces de contact,

  Les bras de levier ...,

  Les angles d’actions.

Afin de prendre un « avantage mécanique » il existe trois types de leviers, qui se distinguent par l'emplacement du point d'appui par rapport aux points d'application des forces motrice et résistante. Ces différents leviers sont présents dans nombre d’actions, même s’ils sont nuancés ou combinés avec d’autres mouvements secondaires tout aussi importants.

Les leviers sont présentés à travers quelques situations pratiques détaillées :

Légende :

Le point d’appui

La force motrice

La force résistante

 

Levier inter-appui :

Pour ce type de levier, le point d'appui est placé entre les deux forces, qui s'exercent toutes deux dans le même sens.

Plant 1

Plant 1

Plant 1

Plant 1

 

Levier inter-résistant :

Pour ce type de levier, la force résistante est appliquée entre la force motrice et le point d'appui du levier. Les deux forces sont alors de sens opposés.

Plant 1

Plant 1

Plant 1

Plant 1

Plant 1

Plant 1

Plant 1

 

 

Levier inter-effort :

Pour ce type de levier, la force motrice est appliquée entre la force résistante et le point d'appui du levier. Les deux forces sont ce cas-ci aussi de sens opposés.

Plant 1

 

 

Les leviers doubles :

Les leviers sont souvent utilisés par paire. Pour ce faire, deux leviers identiques sont fixés au niveau de leur pivot commun.

Plant 1

 

 

 

Les mains et le cerveau

 

Afin de bien percevoir l’importance de la main, l’illustration de Penfield et Rassmussen met clairement en évidence qu’un tiers de notre cerveau est au service de nos mains ! (les mains et le langage ont une projection corticale de 70% de la surface totale du cerveau)

 

L'action

Une simple technique de main illustre la complexité des moyens mis en œuvre :

Avant le début de l’exécution du mouvement, la position de la cible doit être localisée par rapport au corps et plus précisément par rapport à la tête, parallèlement, la position de la main est prise en considération pour préparer et organiser la trajectoire de la main vers la cible.

La localisation de la cible est établie en coordonnées rétiniennes.  Comme l’œil est mobile par rapport à la tête il est nécessaire d’en connaître sa position pour pouvoir positionner la cible en coordonnées céphaliques. Ces informations sont fournies par les afférences proprioceptives des muscles oculaires et les efférences de la commande des muscles oculaires. Ces données sont traitées dans différentes aires cérébrales afin de guider correctement la main vers la cible. Une seconde opération consiste à connaître la position de la main par rapport au tronc. La représentation des segments corporels est basée sur les afférences proprioceptives des muscles.

A ce stade il est possible de calculer la trajectoire de la main vers la cible et de commander les forces musculaires appropriées. Le déroulement de la trajectoire est identifié au niveau cortex moteur. Tout est pris en considération : couple, point d’équilibre, angle, temps…L’ensemble de ses calculs est réactualisé et modifié pendant toute la durée de l’action.

A noter que la main se pré-positionne dés le départ de l’action en fonction de la zone d’impact.

Nos quatre mains

L’être humain n’a effectivement pas deux mais quatre mains : deux mains objets (organiques et fonctionnelles) et deux mains images (mentales et virtuelles)

La dotation neurologique laisse supposer que les mains devraient être hyper performantes chez tout le monde, mais en fait la réalité est tout autre.

L’inégalité d’usage et de performance est bien présente…

A la naissance, la surface neuronale concernant les mains (du nouveau né) ne contient pas d’information, tout comme un ordinateur sans aucunes données, et ce n’est qu’à travers ses capacités sensorielles et motrices qu’il va développer des mains images qui seront finalement ses mains réelles.

- Chez le nouveau-né, la main image forme un bloc, appelé la main à 1unité, il ne dissocie aucun de ses doigts.

- Vers 5 ou 6 mois, l'enfant "évoque" le pouce : nous passons à la main à 2 unités, le pouce et le bloc des 4 doigts indifférenciés.

- Puis, avec l'éducation, nous passons à la main à 3 unités : le pouce, l'index et le bloc des autres doigts.

- Le cinquième doigt, l’auriculaire, s’individualise en passant la main à 4 unités.

 

- Le majeur et l'annulaire, sont deux doigts qui partagent le même muscle extenseur, contrairement aux autres qui ont chacun le leur. Pour cette raison, les personnes avec une main image à 5 unités sont plus rares (souvent musiciens…)

- Certaines mains peuvent acquérir dix, quinze ou même vingt unités !


La plupart des personnes ont trois unités à la main dominante et deux à l’autre main.
Même si la main à cinq unités est rare, tout le monde peut accéder à ce nombre d’unités, voir plus, et ce par des exercices appropriés qui permettrons de nouvelles performances à la main fonctionnelle.

La main image est un acquis très précieux d’éducation et d’expérience ou les arts martiaux ont une fois de plus un rôle à jouer


Symétrie et dissymétrie

 

L’apparente symétrie du corps nous amène à associer certaines parties du corps qui ont pourtant chacune leur nature. Il est réducteur de parler des mains simplement comme un ensemble, tout comme du cerveau, des pieds etc. il est plus judicieux de parler de main droite et de main gauche et dans ce cas de séparer « l’homme » par un axe médian et vertical.

Si les mains se ressemblent, sur un plan fonctionnel il en est tout autre. Une notion de dominance est à considérer (main, œil..). Cette prévalence est induite par le cerveau gauche et droit. A titre d’exemple l’hémisphère droit reçoit les informations visuelles, auditives, tactiles et olfactive du coté droit, mais contrôle parallèlement les voies motrices et sensorielles du coté gauche ! (les informations visuelles de l’œil gauche lui parviennent également  mais indirectement).

Pour parfaire cette asymétrie il est reconnu que l’hémisphère gauche est celui du langage et de  l’aspect scientifique quant à l’hémisphère droit on lui associe l’imagination et l’aspect artistique…

Selon certaines estimations plus de 90% d’entre nous sont droitiers. Pourquoi ? Premièrement, l’usage d’une main plutôt qu’une autre est reconnu comme un caractère inné et non acquit. Deuxièmement, une théorie cette fois-ci sélective est avancée par les Anthropologues et scientifique. Au regard des premiers dessins primitifs et peintures rupestre on constate qu’ils sont réalisés principalement par des droitiers. Il est évident que les premiers outils et les première armes étaient faits pour des droitiers (à noter que la société  d’aujourd’hui s’articule toujours  ainsi) Dés que l’homme à utilisé des armes pour combattre, le droitier armé de sa main droite pouvait protéger son cœur avec sa main et son avant bras gauche. (Évoluant  par la suite en véritable bouclier). Le droitier avait plus de chance de survivre… et donc de se reproduire.

En karaté, la garde est une attitude rationnelle, héritage d’un passé.

Migi Kamae (garde droite)

Hidari Gyaku Kamae (garde gauche)

Plant 1

Plant 1



Utilisée à distance précaire, les attaques seront rapides et le temps de réaction devra être quasi immédiat – L’origine culturel du port du sabre ainsi que son utilisation en ont fait la référence en matière de garde.




Utilisée à distance plus longue donc plus sécurisante, Cette garde de préparation et d’intimidation, laisse la possibilité d’exploiter des attaques « longues »  et donc plus puissantes principalement réalisées du coté droit.

 

La force d'un mot universel

Dés que le langage à été structuré chez l’homme, l’importance des mains à été exprimé. La dissociation des mains a travers les expressions donne toute l’importance et la valeur que l’ont attribue à chacune d’elles.

Les premiers pictogrammes retrouvés 1400 ans Avant J.C en Chine différencient la représentation de la main droite et gauche. Cote à cote elles ne constituent pas une forme d’opposition mais au contraire elles signifient « Ami » (homonyme également de droite). Cette juxtaposition exprime avant tout l’entraide et la coopération.

Cependant, à l’usage, une hiérarchisation des mains s’est établie et s’est renforcée avec l’appui des croyances et coutumes.

La main droite est devenue, « La main » et la main gauche : « l’autre, la deuxième main».

La main droite en langues latines, germaniques, slaves, se définie comme la bonne main, tant par les préceptes sociaux que par sa nature. Le terme arabe yamin se rattache au serment, la chance, la prospérité, la fortune. Dextre en  français vient du latin  Dexter héritier lui-même du sanscrit daks être capable, adroit, habile mais aussi sincère, loyale, franc, bienveillant. En Afrique elle est désignée comme la main qui sert à manger, la grande main, la main des mains, la vraie main.

La main droite est sous entendue dans les expressions telles que donner la main, serrer la main, tendre la main…

La main gauche « elle », dans toutes les cultures, s’associe à la maladresse, l’infortune, le malheur, la faiblesse. En vieux français Sénestre puise son étymologie latine de sinister qui à lui seul résume tout !

Malgré tout, dans de nombreuses cultures, les deux mains forment un ensemble et doivent s’impliquées conjointement. Comme si le résultat dépendait, comme dans notre univers de l’association du plus et du moins ! Un Koan japonais résume très bien cette logique : Quel est le bruit d'une seule main qui applaudit ?

Dans de nombreuses traditions on donne et on le reçoit avec les deux mains. N'en utiliser qu'une serait montrer de la désinvolture.

 

Et les gauchers ?

 

Malgré les pressions culturelles, religieuses et sociales, même s’ils sont ignorés, les gauchers marquent leur présence. En conséquence d’une main droite que l’on  appelle la « bonne main » la « main normale », la main gauche dans cette opposition dualiste  s’afflige du négatif, du mal, du diable, du bas, du sombre etc. La culture asiatique et africaine est sur certains points  plus nuancée sur la prééminence et aux symboles de la main droite.  Il ne faut pas oublier qu’il n’y a pas si longtemps (XIXe) au nom de l’ordre social on brulait les sorciers, sorcières et gauchères. Hier encore et tout laisse penser que cela se perpétue encore de nos jours, on contrariait, on rééduquait les gauchers pour devenir de bons droitiers. Certains pays comme la Chine interdisaient même son utilisation. La proportion de 0,7% de gauchers, en 1985 parle d’elle-même.

Aujourd’hui, fort heureusement on accepte cette différence, et après avoir fait de nombreuses  études sur la latéralisation on  reconnaît  certains avantages aux gauchers.

Une constatation est certaine, l’histoire à été marquée dans tous les domaines avec de célèbres gaucher comme Jules César, Albert Einstein, Léonard de Vinci, Michel Ange, la Reine Elizabeth II d ‘Angleterre, Ernö Rubik, Bill Gates…

La sensibilité artistique semble être fortement présente chez les gauchers, mais difficilement démontrable. Sur le plan sportif avec des chiffres à l’appui on ne peut qu’admettre que les gauchers possèdent des aptitudes en matière de vitesse et d’adresse.

Une étude sur huit championnats du monde et un tournoi olympique portant sur près de 4 000 participants a montré que parmi les demi finalistes, on comptait 46,7 % de gauchers, et que parmi les vainqueurs, ce taux montait à 63,3 %. Parmi ces « grands sportifs gauchers » ont retrouve : John McEnroe, Jimmy Connors, Martina Navratilova (tennis), Jean-Philippe Gatien (tennis de table), Laura Flessel (Epée), Pelé (football). Dans les sports de combats cette règle se confirme également.

La question est « comment étayer rationnellement ce constat »

  Premier hypothèse : La surprise, certainement la plus fréquente, la plus évidente, probablement trop.... Le sportif gaucher désarçonne son adversaire par un comportement inédit, imprévisible. L’expérience circonstancielle manque.

Deuxième hypothèse, les gauchers analysent une scène spatiale avec l’hémisphère droit, le même qui transmet l’information à la main gauche. Cette information doit, pour les droitiers, transiter d’un hémisphère à l’autre affectant probablement le temps de réaction.


Les mains et la parole

95% d’entre nous possédons les facultés de parole dans l’hémisphère gauche, dit dominant. En s’appuyant sur le fait que la main droite est l’organe le plus efficace pour utiliser une arme ou un outil, la localisation de la parole dans le même hémisphère effecteur semble rationnelle en termes de rapidité et de coordination face à une situation prévue ou imprévue.

Dans les arts martiaux le silence qui règne dans un dojo est frappant d’autant plus qu’il s’oppose aux puissants Kiaï (« cris ») qui accompagnent  le geste des pratiquants. Ce son des plus primaire de notre être, à été emprunté par les guerriers de tout temps et de toutes civilisations confondues. Ces onomatopées viscérales  représentent l’expiration juste. Le kiaï peut-être utilisé pour : impressionner, déstabiliser, perturber, menacer, presser l’adversaire. Utilisé avant, pendant ou même après une action, il matérialise, l’explosion d’énergie, stimulante et libératrice.

 Le geste et la parole justes s’associent dans une certaine limite. Lorsqu’une forme gestuelle est devenue « automatique » par l’apprentissage il devient aisé de parler en même temps. Dans le cas contraire le silence sera lui automatique. Même si le cerveau est « multitâches », délesté d’une fonction ses possibilités en seront accrues. Dans la même logique lorsque l’élocution est devenue, par l’apprentissage, « automatique »,  il devient aisé de se mouvoir  en même temps, dans le cas contraire l’immobilité s’imposera.

Si l’une des deux fonctions s’accompagne de réflexion l’autre fonction en sera perturbée ou « limitée ».  Le travail peut repousser les limites des indépendances du corps. Pour exemple, le musicien  pourra avoir une certaine autonomie de sa main gauche, droite, de ses pieds (qui donnent un rythme parfois différents !) de voix et d’oreilles. Chaque savoir-faire élargit une liberté cependant toute relative, par extension une unique spécialisation entrainerait l’effet contraire.

La capacité d’adaptation face aux situations les plus diverses reflétera le véritable niveau de « Maîtrise » que l’on a réellement sur soi.

 

Et l'émotion !

Penser que la pleine utilisation de nos capacités en tout lieu et toutes circonstances est possible ne serait que pure utopie. Nous allons devoir faire face à un environnement et à nos propres réactions.

Le problème majeur reconnu va être l’émotivité, qui se manifeste par des réactions physiologiques qui vont Interférer les aptitudes acquises voir spontanées.

Les émotions redoutées sont la peur, la panique, la colère, le stress etc. Face à une charge émotionnelle, dont le siège est généralement circonscrit au niveau de la poitrine enveloppant ainsi le cœur et les épaules, c’est finalement tout le corps qui va réagir …

Sans faire une liste exhaustive, qui par avance serait fausse en raison de la variabilité de chaque individu lié à son histoire, on pourra retrouver à différents degrés : des troubles du langage, un rythme cardiaque qui s’accélère, une respiration qui devient superficielle, une sensation de jambes lourdes, de poitrine qui s’oppresse, de ventre qui se noue…

Loin d’être épargnée sur le plan physiologique, la main sera un véritable indicateur de  situations et ce par sa chaleur, sa moiteur, sa sueur et ses tremblements. S’exprimant consciemment ou inconsciemment par des gestes qui ne trompent pas, la main sera un sismographe extrêmement puissant de l’impulsivité du corps.

D’un regard extérieur, il sera évident de décrypter le langage du corps et plus particulièrement celui des mains. Toujours en corrélation avec l’état émotionnel, les mains auront des actions révélatrices. A titre d’exemples, par des massages et frottements, elles se veulent rassurantes et apaisantes. Ouvertes ou fermées elles traduisent la volonté de s’interposer, de s’extraire ou même de se masquer de la réalité. Elles confirment par leur agitation désordonnée la panique, le désarroi mais aussi la joie…

 

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Les mains et les arts martiaux

Les mains : du combat à la pacification

Rapidement dans l’histoire de l’homme, des formes d’affrontement sont apparues. Pour la survie ou par le rituel, le combat s’est structuré donnant naissance au fil du temps et de la géographie à des méthodes appelées : luttes, pugilat, pancrace, boxes, karaté... Dans ce registre, les mains ont toujours été fortement mises à contribution, prenant plutôt la forme de poings à travers le rituel.

Traversant l’histoire avec souvent des pics de barbarie le combat est malgré tout reconnu comme formateur. Entre le milieu du XIXe siècle et le milieu du XXe siècle, par obligation ou par nécessité, les méthodes guerrières donnent naissance à des « arts ». A noter que cette période est parallèle à celle de la philosophie contemporaine et de la rénovation des Jeux olympiques.

C’est ainsi qu’au japon naissent les arts martiaux japonais nommés budō (武道) L’idéogramme : BUDO peux se définir comme suit

bu () : Le caractère a pour composition une hallebarde et le verbe arrêter

  dō () : Route, voie, chemin, principe, règle, doctrine, moyen, méthode.  composé dans sa partie inférieure du caractère de la marche et dans sa partie supérieure du  caractère de la tête  (issue de son caractère primitif ancien). Do, qui peut être interprété comme la  recherche de l'équilibre entre le corps (qui marche) et l'esprit (qui pense) en somme :  « un style de vie ».

Plus subtilement : BUDO signifie

  L’art d’arrêter la lance de l’adversaire ou L’art d’arrêter sa propre lance

  Soit L’art de la pacification extérieure et de l’harmonisation intérieure

 

Spontanément utilisée pour exprimer l’action d’arrêter ou de stopper, la main, paume ouverte vers l’avant manifeste, ce double sens d’arrêter et de pacifier. Dans cette forme la main se retrouve dans de nombreux pictogrammes, sigles, symboles ou slogans.

 

Quelle est l'arme suprême ?

 

Dans tous les arts martiaux on développe des spécificités qui en général se retrouvent dans toutes les autres écoles dignes de ce nom. Dés lors, l’orientation sur un art martial ne sera pas dévolu au hasard mais au tempérament de chacun. Reste donc à choisir entre les disciplines de corps à corps et de préhensions telles que le Judo… les disciplines de percussions comme le Karaté… ou bien encore les disciplines comparables au Kendo par l’utilisation d’armes et se pratiquant à une distance évidemment plus grande.

A ces trois grandes familles il est de nouveau facile de leur attribuer une étape de l’évolution de l’homme et de son cerveau. La préhension correspond au premier stade, puis la main devient intelligente par ses fonctions pour ensuite s’associer l’utilisation d’outils…

Engagé dans une voie, le pratiquant prônera souvent la suprématie de son art soit par son aspect instinctif, efficace ou intelligent !

En termes d’utilisation de la main, dans les arts martiaux : on combat avec les mains cependant c’est parfois le sabre, le couteau ou le bâton qui transmettent les impulsions du cerveau. A mains nues il n’y a plus d’intermédiaire.

Chacun peut quant à lui interpréter comme il l’entend cette réalité, mais vouloir effectuer une comparaison pour conclure à une quelconque supériorité relèverait du ridicule. Surtout que l’art martial représente déjà à lui seul un outil,  mais aussi un idéal.

A l’image d’un diamant, l’art martial peut façonner ou trancher mais aussi se révéler magnifique par sa pureté et ses multiples facettes.

 

 

Mains et Karaté-do

La main : vecteur intemporel

Si les mains sont sous entendues dans l’appellation de nombreuses méthodes de combats (catch boxe…) elles ont toujours été mises au premier plan dans la dénomination et la pratique du karaté. Historiquement, si l’on considère l’origine du karaté dans l’ile d’Okinawa, on ne peut pas occulter malgré tout les influences techniques des pays comme la Chine, le Japon, Taiwan, la Corée, la Malaisie…. Le développement, la structuration et l’enrichissement de la méthode de combat locale s’appuient sur les échanges. La dénomination, au départ inexistante, va plusieurs fois changer et ce pour des raisons politiques, diplomatique ou philosophique mais le mot main a toujours fait partie de la désignation, ainsi donc on retrouve successivement :

« Té » se lit : « technique » en Okinawaïen et, « main » en Japonais

  Tode : La main de Chine ou (Cathay : nom donné par Marco Polo à Chine du nord) ou Okinawaté : La main d’Okinawa (méthode de combat insulaire) avec ses trois grandes subdivisions

o   Shurité : Style de la région de Shuri  (mains de Shuri)

o   Nahaté : Style de la région de Naha (mains de Naha)

o   Tomarité : Style de la région de Tomari (mains de Tomari)

  Karaté : main de Chine ou main vide selon l’idéogramme utilisé (Chinois ou Japonais)

  Karaté-do : voie de la main vide

Dans cette chronologie tous les fondateurs ou « Maitres » on conservé ce suffixe « TE »

Ce suffixe a vraisemblablement été choisi au commencement pour exprimer l’unique potentialité qui leur était possible d’exploiter. Effectivement, interdits de port de toutes armes, oppressés, et réduit à des entrainements nocturnes et secrets,  ils n’avaient pas d’alternative quand à l’utilisation des mains

Ensuite, la pratique et la réflexion ont surement permis de prendre conscience de la profondeur et du sens de ces deux lettres comme des deux mains.

 

 

La main visible

 

Les mains sont avec le visage les parties constamment visibles aux regards extérieurs. Aucune main n’est identique. A elles seules elles révèlent par leurs formes, leurs musculatures et l’attention qu’ont leurs portent, le caractère et la personnalité !

Véritable trait d’union dans les rapports sociaux, la main se veut relationnelle à travers les différentes formes de salutation et de courtoisie.  Dans notre quotidien mous retrouvons la traditionnelle poignée de mains qui était à l'origine le moyen de montrer que l'on ne portait pas d'arme, que l'on venait en ami. En Angleterre, au Moyen Age, ce geste servait non pas à saluer, mais à conclure un accord.

La tradition des arts martiaux est très attaché aux valeurs et à l’étiquette, on retrouve notamment, en Karaté, un précepte de Gichin Funakoshi : « le karaté commence et termine par la courtoisie ». Entendons par courtoisie ; LE RESPECT matérialisé entre autre  par le salut qui est un « garde fou » !

Le Salut en karaté, peut revêtir plusieurs formes : à genoux ou debout et traduire au-delà du respect, le défi ou le remerciement. Il est donc intéressant de faire un zoom sur le placement des mains lors des différents saluts et d’en commenter leur langage.

Les mains sont toujours ouvertes pour montrer quelles sont vides d’objet et d’intentions donc réceptives et disponibles.

Debout elles sont devant les cuisses prêtent à prendre la ligne médiane pour attaquer ou défendre l’axe principale des points vitaux du corps.

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A genoux elles sont en retrait pour être plus près du centre ce qui permet la pleine utilisation de sa force et rend difficile la possibilité d’être saisie.

Lors du salut martial (défi ou combat) la méfiance étant de rigueur la main gauche qui symbolise le « mal » est posée à terre en première en signe d’ouverture, puis la main droite qui reste disponible jusqu’au dernier moment vient en symétrie, formant ainsi un triangle qui éviterait un éventuel écrasement de la face sur le sol au cours d’une attaque sournoise. (A noter que les mains sont placées à une main des genoux afin de ne pas risquer une saisie, voir photo). Dans ce même esprit de méfiance les mains se repositionneront dans l’ordre inverse.  Les mains ne s’appuient jamais sur le sol  pour des raisons de réactivité et les doigts restent toujours serrés.

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Lors du salut de remerciement, celui qui est dans 99% des cas effectué dans les dojos notamment en début et fin de cours, Exprimer une quelconque  méfiance à la mémoire d’une tradition ou vis-à-vis d’un professeur acceptant de transmettre son savoir ou bien encore d’un élève s’ouvrant à la connaissance, serait déplacé ! Ce qui n’empêche pas un état de vigilance. De ce fait les deux mains viennent se placer en même temps pour former le triangle représentation symbolique de la terre, du ciel et de l’homme, le retour se fera également en unité.

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A travers ce rituel tout est dit sur soi et sur la nature de l’échange qui va suivre

"Té" Main ou Poing :

Après le salut, la première action en karaté est celle de fermer le poing. Aussi étrange que cela puisse paraître, la voie de la main vide se transformerait elle en « voie du poing  » Un regard sommaire sur le karaté moderne, pourrait nous le laisser croire.

Comment en être arrivé là ? Le karaté à son origine n’avait qu’une unique vocation : L’efficacité. Comme l’efficacité était recherchée à tout prix et que l’arme était le corps,  plus précisément les mains, il fallut donc affuter et renforcer les extrémités du corps pour en faire des armes  « efficaces ». Tous les moyens possibles et imaginables de l’époque ont été utilisés : frappes sur des arbres, répétitions de piques des doigts dans le sable, exercices de casse, de portage etc. Le poing et les doigts devaient avoir une force et une résistance hors du commun. Le poing devait avoir raison d’une armure et le résultat recherché devait être instantané et sans appel. A cela rajoutons le coté excessif propre à la culture nippone et nous avons là, une réalité historique.

La terminologie des techniques de karaté traduit avec justesse l’objectif recherché. Le pique des doigts appelé Nukité signifie « percer », le tranchant de la main Shuto se définit comme le tranchant ou le sabre de la main, la partie du poing formé par les muscles hypothénar est désigné comme le marteau voire marteau de fer… Certains pratiquants sont rentrés dans la légende avec pour exemple une paume « d’acier » !

Dans cette recherche d’efficacité, la main a perdu de sa sensibilité, de sa capacité de préhension et souvent son esthétisme. Les pathologies à moyen et long termes n’ont pas été observés en raison de la courte durée de vie de l’époque. Aujourd’hui, au nom de la tradition et toujours de l’efficacité, quelques écoles de karaté perpétuent certains comportements et exercices.

Sorti des périodes de guerres et de tourments, le karaté, pour survivre, se doit d’évoluer. Pour devenir « public » et être reconnu,  il faut en conséquence réformer le karaté. Dans le 1900 deux grands Maîtres okinawaïens s’y attachent : Anko  Itosu et Kanryo Higaonna. Ils veulent  intégrer le karaté au système éducatif et plus précisément dans l’enseignement primaire.  Leur réussite repose sur une série de mesures : sortir le karaté d’un enseignement confidentiel, simplifier l’apprentissage et surtout rendre moins dangereux la pratique en faisant fermer tout simplement les mains. Cette méthode jusqu’alors guerrière s’enrichie progressivement de spiritualité pour devenir le karaté do.  

En fermant la main sa potentialité se réduit considérablement. L’usage du poing, même s’il faut relativiser, devient moins dangereux pour les deux protagonistes engagés dans un affrontement. L’émergence du sport favorise et oriente cette évolution et la priorité sportive donne naissance à des protections de tous genres ….


Le poing et le point

 

L’homme, depuis son origine n’à jamais cesser d’évoluer mais surtout de s’adapter. Le combattant sportif entre dans cette même logique. Il évolue dans le milieu ou le résultat est une fois de plus primordial. La réglementation sportive façonne la discipline. En karaté même si l’on met en avant : la forme, l’attitude et l’engagement, les qualités qui dominent cette discipline sont vitesse et précision. Toutes les techniques autorisées sont codifiées et même si les techniques de pieds, par leur coté spectaculaire, sont valorisées, les poings, par leur sobriété, restent Rois. La recherche de vitesse dans l’action, et la  précision dans la touche, engendreront une stratégie basée sur la mobilité dépendant directement de la décontraction. Le contrôle étant de rigueur, la puissance des techniques et la résistance à l’impact seront autant de valeurs jugées de manières subjectives.

Pour optimiser les gestes sportifs les entraineurs et les compétiteurs sont toujours attentifs à l’évolution des sciences et des connaissances. L’adaptation est une remise en question fondamentale.

Ainsi, les entraineurs et compétiteurs savent très bien que fermer le poing pour frapper entraine une certaine contraction du poignet et de l’avant bras qui ralentit proportionnellement la vitesse de l’attaque et entraine un pré signal. Dans cette logique de mouvement on peut remarquer que l’attitude des combattants est double :

Un état de décontraction : Les bras et les jambes se meuvent avec une fluidité déconcertante. Les chaines articulaires épaules/coudes/poignets et hanches/genoux/chevilles ont la plasticité d’un fouet auquel s’adjoignent une écoute et une disponibilité immédiate.

  Un état de tension : Caractérisé par un centrage physique et mental, cet état de tension juste permet la perception et la réactivité. Cette unité idéale est la combinaison

o   De la triangulation œil/main/cerveau

o   De la force du « ventre », qualifié « d’océan d’énergie » dans le monde des arts martiaux et qui est aussi un véritable lien et catalyseurs pour les membres périphériques.

o   Des appuis sous entendant une relation forte et subtile avec le sol.

 

Quelque soit le pratiquant, sportifs ou martial spécialisé en Judo, Karaté-do, Aïkido, Kendo ou autres disciplines, tous sont régis par les mêmes lois naturelles et universelles. L’expression corporelle et technique révèle un stade d’harmonie avec lui-même, les autres, la société, l’époque et même l’univers…


Seiken la forme et le fond ou seiken le miroir de soi

 

 En karaté, Comme dans beaucoup de disciplines de combat, l’action de fermer le poing est souvent banalisée.

Avide de formes et de techniques dans une époque où l’on ne prend pas toujours le temps nécessaire d’expliquer, de comprendre ou d’avoir compris, la priorité n’est pas axée sur la réflexion. Pourtant un mouvement sans compréhension sera dénué de sens. Son fondement sera non seulement sa force mais aussi son pouvoir d’expression.

La théorie et la pratique ainsi que le fond et la forme sont comme les deux roues d’un même essieu : ils sont non seulement  indissociables mais doivent aller de pair.

Fermer le poing n’est pas un geste anodin. Cette action se nomme en japonais SEIKEN (正拳 ) La traduction en sera très variable, peut être en fonction de ce que l’on veut exprimer ! La définition pourra être « coup de poing », « poing parfait » « poing serré », « poing fondamental » ou encore « la droiture du poing »

Derrière chaque action il y a donc la forme et le fond. La forme est l’aspect visuel mais aussi mécanique car la justesse du placement sera déterminante dans le cas ou le mouvement sera réalisé avec une intensité importante. Le fond est la partie immergé de l’iceberg, il replace le mouvement dans un contexte plus large pouvant être même d’ordre philosophique.

Au premier abord, la question est : comment fermer le poing ?

Auparavant, il faut s’interroger pourquoi fermer le poing ? La réponse semble évidente, en fermant le poing on va rechercher via « le coup de poing » à transmettre une énergie venant du centre vers la périphérie tout en sécurisant au maximum l’intégrité du poing.

 

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1/  Replier les deux premières phalanges de l’index à l’auriculaire

 

2/ Replier toujours vers la paume la troisième phalange de l’index à l’auriculaire

 

3/ Verrouiller le pouce sur la deuxième phalange de l’index et effectuer une pression simultanée du pouce et de l’auriculaire vers le centre du poing.

 

Erreurs risquant d’entrainer de risques de blessures :

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1/ Les phalanges mal repliées

2/ Le pouce dépasse l’index ! L’articulation du pouce n’a plus le même maintien, le même verrouillage

3/ Le pouce est sur l’extérieur

 

Variantes :

 

De nombreuses variantes de fermetures de poings se retrouvent dans les arts martiaux au cours de l’histoire certaines garantissent plus de décontraction, plus d’efficacité ou plus de sécurité

 


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Exemple de forme Ju-jitsu le bout du pouce est enfermé dans le poing – Ce qui empêche l’adversaire de saisir le pouce. (forme utilisée lors de saisies et frappes)

 

Même si le poing est l’élément de transmission, il s’inscrit cependant dans un ensemble corporel qui lui-même agit en tant que catalyseur des forces, mouvements et appuis mis en œuvre…

Après avoir dépassé le stade de la forme d’autres interrogations peuvent suivre : Quel est la représentation du poing et de Seiken ?

Si toutes les traductions de seiken ont une part de vérité, le poing est par extension l’expression symbolique du sabre japonais. En recevant correctement la formation d’un art martial, le cœur sera également formé au bien et aux valeurs justes. Si un cœur n’est pas droit, son poing ne le sera pas non plus ! Le poing juste est celui de la paix.

Le poing (Seiken) est révélateur d’une personnalité, un livre ouvert sur la profondeur du pratiquant. Quant le poing est bien fermé, il est le reflet d’un esprit juste sans excès de tension ni de relâchement. Le sens que l’on donne à son poing influe sur l’esprit et vice-versa.

Si la culture nipponne est une culture du silence, le champ lexical en matière d’arts martiaux est très dense. Dans ces expressions « incontournables » on peut judicieusement citer dans ce chapitre « Ikken hissatsu » qui se traduit par : Tuer d¹un seul coup. L’interprétation au premier degré est utopique, si on associe cette expression à l’art du poing et non à l’art du sabre. Cela reviendrait à être capable, par la perfection technique et la mobilisation de toute son énergie, de porter un coup dont l'impact sur l'adversaire est définitif, c'est à dire létal. Cependant, la voie des arts martiaux recherche une forme d’harmonie intérieure : Briser l’égo et vaincre l’ennemi le plus redoutable qui est terré au fond de nous. Ainsi le pratiquant doit s’investir corps et âme dans son poing, rejeter le mauvais qui est en lui et dans l’instant de chaque tsuki (coup de poing) donner le meilleur de lui même et rechercher à être bon à 100%.

 

 

 

Ikken hissatsu


 

Forgées pour ne pas être utilisées

Si le poing est par extension l’expression symbolique du sabre japonais, son utilisation en est comparable. Le sabre à toujours été l’âme du samouraï tout comme la main l’est pour le karatéka.

Un samouraï n’était pas seulement un technicien de la guerre et de la mort, il avait un sens profond de ses fonctions et de ses devoirs, mais aussi un sens aigu des valeurs morales, de la rectitude et de la justice. Sa propre maîtrise en faisait  un Modèle.

De tous les récits truculents de samouraï, il est une histoire qui nourrira pendant plusieurs siècles la culture et les arts du Japon.  Cette histoire se nomme « les 47 gishi » cet épisode historique et tragique est déclenché par le seul fait qu’un SAMOURAÏ s’était emporté et avait dégainé son sabre, traduisant un manque de contrôle de soi…

La parfaite maitrise n’était donc pas dans le maniement du sabre mais dans sa non-utilisation. Utiliser son sabre était donc un constat d’échec, cela signifiait premièrement que l’on était à l’endroit ou on ne devait pas être, et surtout cela impliquait que tous les autres moyens pouvant être mis en œuvre pour pacifier la situation avaient échoués !

Les grands Maîtres on toujours mis un point d’honneur à exprimer cette philosophie des arts martiaux à travers des sentences ou préceptes :

« Il n’y a pas de première attaque en karaté »

« L’homme de voie ne se trouve jamais sur un lieu de combat »

  « Le Karaté-Do est la voie de la main vide, vide d’objet mais surtout d’intention. »

  «  Le karaté est fait pour ne pas servir. »

« Combattre est déjà une défaite »

La main doit revêtir les caractéristiques d’un sabre par sa beauté, sa sobriété et son efficacité dans l’action. Forgées pour ne pas être utilisées, l’homme de bien fera tout pour ne pas en arriver aux mains. Mais si la nécessité de l’instant en impose l’usage, les nuances restent possibles, à l’image du chef d’orchestre capable avec ses mains de contrôler l’intensité et le rythme.

Cette main de fer dans un gant de velours ne va pas sans rappeler le sabre et son fourreau…

Les éléments de substitution

Et si la maitrise de la voie de la main vide était non pas la non-utilisation des mains, mais l’absence d’utilisation des mains dans leur fonction qui leur est normalement allouée !

Les mains, par habitudes et facilité assistent spontanément le corps et ce en permanence. Shunter ou détourner leurs rôles qui s’appuient sur certains automatismes et conditionnements va imposer d’autres priorités. Ces priorités pourtant tant recherchées mais toujours relayées au second plan vont par obligation être priorisées.

Les éléments dits de substitutions vont revêtir des formes très diverses. Maitrise des déplacements, de son schéma corporel, du timing, de la distance, des axes d’attaque et de défense, du centre de gravité, des choix techniques, de la fluidité etc.

 

L’importante étape de cet art, résiderait à titre d’exemples concret d’avoir la capacité :

  De transformer les blocages en attaques

  D’esquiver sans faire intervenir les mains

  De créer des déséquilibres et amenées au sol sans les mains

  D’effectuer des « clés » sans faire participer les mains

 

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Quelques exemples

 

Les mains, qui d’habitude rassurent et sécurisent, vont laisser le corps s’exprimer dévoilant une réalité tranchante de l’instant. Cette fois ci, pas de rattrapage possible, pas de filet, plus question de mouvements périphériques isolés, le centre doit induire toutes actions et réactions. L’initiative sera régie par une tolérance proche de zéro avec pour simple arithmétique : l’unité. A la moindre erreur, la sanction sera immédiate, ressentie et vue.

Selon la formule, qui peut le plus peut le moins, il est intéressant de redécouvrir l’usage de ses mains à l’issue de ce type de travail. Ce qui permet de les utiliser avec discernement et de les considérer comme un plus…

 

 

Les mains en tant qu’outils

 

Mains et énergies

 

Dans la quête d’efficacité  « le coup de poing » sert à transmettre une énergie venant du centre vers la périphérie tout en sécurisant au maximum l’intégrité du poing. Cette apparente vérité est elle aboutie ?

Comment optimiser la transmission d’énergie du centre vers la périphérie ? Tout d’abord rien ne doit entraver son cheminement, on pourrait aisément comparer ce cheminement à de l’eau qui s’écoulerait d’un tuyau raccordé à un robinet. Le moindre état de crispation ou tension inutile (Mudana Chikara en japonais) représenterait un nœud ou un coude au niveau du tuyau ! Les articulations sont des traits d’union, ainsi l’épaule, le coude, le poignet sont des « passages délicats ». Les « nœuds » physiques sont souvent une manifestation des muscles antagonistes (opposés à la dite action) ils peuvent donc être résorbés par le respect d’une trajectoire en accord à des principes biomécaniques. La décontraction sera une fois de plus de rigueur. Reste à résoudre l’aspect sécurité au moment de l’impact ! Au-delà d’un gainage possible du poing il faut avant tout privilégier le placement et l’alignement pour avoir le moins de déperdition d’énergie.

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La réflexion principale se situe plus dans la fermeture du poing ! On peut lire ou entendre de façon  récurrente que le karaté originel se pratiquait mains ouvertes et que pour des raisons de facilité et de sécurité la pratique à évoluée vers le poing. La fermeture du poing va inévitablement limiter la vitesse, la distance et les possibilités anatomiques de la main.

Sur le plan transmission d’énergie en faisant un parallèle burlesque il est inconcevable d’imaginer un combat de sorciers ou de sorcières s’envoyant des sorts poings fermés !!! Ou plus sérieusement voir un médecin, ostéopathe ou guérisseur apposé ses poings et non ses mains sur son patient !

Sur le plan de la vitesse, le poing fermé va créer une contraction concentrique et en repli sur soi-même. L’ouverture la main ouverte peut aller jusqu’a créer une contraction excentrique… une ouverture sur l’extérieur

Généralement les pratiquants ont les mains ouvertes en garde et ferment  le poing en attaquant…

Toute une analyse pourrait être faite sur une garde mains ouvertes ou fermées :

  Mains ouvertes : pour dissiper les tensions, pour se calmer, pour pacifier la situation…
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  Poings fermés : pour ritualiser l’échange, menacer, cacher la forme que la main va prendre…
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  La main avant ouverte le poing arrière fermé reste un compromis d’ensemble
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Dans la vie de tous les jours nous n’avons pas de règles quant à leurs ouverture et leurs fermetures, les mains sont pleines de vie elles écoutent, regardent, sentent, saisissent etc. La garde doit s’en inspirer, la liberté est la vraie vérité.

 

 

 

 

Sans que ce soit une règle formelle, la vitesse d’aller retour pourrait être maximale, si le poing fermé au départ s’ouvrait en fin de course pour prendre la forme la plus adéquate à la situation et donner une impulsion supplémentaire… Après l’impact, la main dans son retour se refermerait pour revenir plus rapidement (s’il y a retour !) Ce cycle peut être à nouveau renouvelé…

(exemple en photos)

 

 

 

 

Reste à avoir la capacité d’ouvrir et de fermer sa ou ses mains à volonté …

 

 

 

 

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L’indépendance et interaction des mains

La véritable richesse se situe comme dans toutes choses dans la différence et la complémentarité. Il en est de même pour nos mains.

Les mains sont à la fois dépendantes et indépendantes, elles agissent et interagissent.

Le karaté-do, à travers sa progression longue et fastidieuse, a une méthodologie pleine de bon sens. Dés l’acquisition des premiers gestes techniques une prise de conscience des deux bras est mise en place, la relation est plus souvent asymétrique.

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Puis, toujours dans l’évolution des formes codifiées, les « Katas » apparaissent et petit à petit, comme la traduction du mot KATA l’exprime, le pratiquant verra son corps  moulé dans une forme mais il aura surtout atteint une capacité de contrôle sur soi  (comme un cheval sauvage qui serait dompté, ou plus simplement une maitrise des gammes pour un musicien !)

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Tant que le  pratiquant sera attaché à la forme (parfois attachante) l’énergie ne sera malgré tout, pas présente. L’énergie apparaît lorsque la forme elle, disparaît (au moins dans « la tête »).

La pluralité des exercices semi-conventionnels ou libres représente un niveau supérieur de liberté et d’expression du corps. A ce stade il faut s’attacher à des principes plus qu’à des formes. Le travers d’une certaine pratique consiste être esclave d’automatismes et de gestes acquis, les mouvements doivent être rationalisés et le corps doit s’exprimer avec intelligence…

Tout comme les mains du pianiste, chaque main aura son indépendance mais en corrélation avec l’autre. Les deux mains, dans un souci d’efficacité, agiront en synergie face aux situations les plus variées

Les attaques de poings et de Mains

La main, par sa perfection anatomique peut prendre des formes diverses et variés. Ces placements vont devenir des armes naturelles.

On peut comparer ces armes à des outils qui ne prennent de sens qu’a travers une situation et une utilisation précise, ou bien faire un parallèle à des mots qui doivent s’intégrer parfaitement dans une phrase.

Même si la maitrise du coup de poing direct est le travail de toute une vie, s’arrêter au poing serait le moins que l’on puisse dire limité, aucune prothèse n’a la forme du poing ! Ce serait comme avoir pour seul outil à tout faire : un marteau comme pour appréhender une tâche manuelle liée au bricolage !

Derrière chaque placement de main ou de poing,  il y a une volonté d’impact tributaire d’une trajectoire voire d’une préparation. A cela il faut ajouter une cible adéquate.

Par sa forme, l’utilisation du poing aboutit sur des zones d’impact. Dans les arts martiaux il y a une science que l’on ne peut ignorer, ce sont les points vitaux. Entendons par points vitaux les points d’impacts ou les conséquences sont augmentées. Lorsque le mot point est lâché on ne parle plus de zone, la surface est réduite et la précision devient un élément indispensable.

Chaque arme naturelle sous entend son registre d’application et chaque technique vient en réaction d’une situation liée à une multitude de paramètres.

  La distance

  L’angle

  La technique précédente

  Le point d’impact

  L’effet escompté

Faire un inventaire technique d’une part et une énumération des points vitaux d’autre part n’aurait aucun aboutissant… et c’est pourtant ce qui est généralement présenté ! Par contre il est plus intéressant, à partir d’une attitude défensive, de montrer différentes possibilités de réaction possible.

 

 

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Et il est également intéressant de présenter un exemple d’action qui se prolongerait jusqu’à la mise à l’abandon et qui respecterait la même logique.

 

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Chaque jour, la pratique dévoile des possibilités. Les limites sont de toutes parts repoussées par le travail et l’étude. Dés lors Le karaté est bien loin des stéréotypes…

Les défenses de Mains et de Poings

Très vite l’homme à pris conscience des limites de protections naturelles, c’est pour cette raison que les boucliers apparurent sans trop tarder. Bien sûr, les limites humaines peuvent être repoussées par un travail de renforcement et d’accoutumances aux chocs et impacts subit. Réactif, le corps a la capacité de s’adapter, mais cette solution va à l’encontre du respect de son l’intégrité physique et n’exploite aucunement les réelles possibilités de l’homme.

Le mot défense devient vite un fourre-tout dans lequel on peut y retrouver toutes les actions permettant de résoudre une situation ou la réaction est nécessaire.

Les blocages :

Cette défense, qui est privilégiée dans l’apprentissage de base en karaté, a le mérite d’être démonstrative. L’armement est significatif. La déviation du coup est nette. L’autre bras se prépare avec énergie et synergie et implique une contre attaque, généralement efficace MAIS dans un second temps.

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La question est : Qui est le plus bloqué au cours d’un blocage ? On constate que c’est souvent celui qui effectue le blocage, laissant ainsi la part belle aux feintes et leurres en tous genres. Afin de palier à cet état de fait, le blocage s’affine, l’armement devient quasi inexistant, le corps se déplace et la rotation du corps voire des hanches vient au service de l’action.

Dans ce registre de sensations :

La main ou le bras, par extension peut « aspirer »,  laisser passer l’attaque et n’avoir qu’une forme de protection voire de contrôle. Cette action se nomme en Karaté : Nagashi (du verbe nagasu : laisser couler) L’autre main est toujours engagée et a double action : équilibrante dans la dynamique ainsi que dans le placement de la garde ou directement engagée dans le contre (simultané).


 

 

NAGASU :

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A l’action précédente, le mouvement peut se prolonger avec la déviation de l’attaque permettant ainsi une simultanéité intéressante de la contre attaque. Cette action se nomme en Karaté : Inasu (dévier)

INASU :

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Le troisième cas de figure englobe une notion plus large ou l’on recherche à avoir une action au-dessus (Noru) ou en-dessous (Noseru) de l’attaque (traduction littérale  chevaucher,  poser sur… l’extrapolation peut aller jusqu’à s’enrouler).

NORU et NOSERU :

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Comme dans les attaques, les mains en défense peuvent prendre des formes, actions ou impacts allant à l’infini. Cependant, cette réactivité permettant de faire face rapidement à un brusque changement de situation dépend d’une attitude de non attachement. Cette conduite se retrouve notamment dans le Zen ou la voie du « DO » à travers une recherche de liberté du corps et de l’esprit, où rien ne s’accumule, rien ne se fige et ou on ne s’appuie sur rien. Dans le cas contraire les mains se définiront comme des « Mains mortes ».

Le rôle des mains lors des coups de pieds

Vouloir faire un lien des mains avec les pieds peut paraître surprenant… et pourtant

Tous le corps doit agir et réagir avec écoute et complicité. Notre corps n’est pas un ensemble dichotomique, mais chaque, unité est au service d’un ensemble

Il n’est pas surprenant de voir un débutant exécuter un coup de pied en écartant les bras et les mains afin de compenser un équilibre précaire. Selon cette même logique d’association, dans ce cas préjudiciable, à contrario les mains vont par éducation être orientées de manière à s’associer de près ou de loin aux actions optimisant ainsi la réalisation et l’efficacité.  Reste aux mains à trouver leur place !

Quelques exemples :

Rôle de protection :

(ex :  Kamae)

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Créer des ouvertures :

(ex : feintes…)

 

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Créer un déséquilibre :

(Kuzushi)

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Le rôle des mains lors des déplacements et les esquives

Une fois de plus les mains, et par extension les bras, vont être sollicitées dans une dynamique de mouvement. Par leurs placements elles assureront une véritable garantie en matière de sécurité. Leur vitesse d’adaptation et de réaction face aux situations donne l’impression quelle sont dotées d’une intelligence qui ne passe pas par l’intellect.  Elles agissent et réagissent comme des « antennes ». Déconcertantes par leur calme ou leur agitation, elles suivent et enveloppent le corps avec justesse et sont présentes aux endroits attendus et surtout inattendus.

Les esquives appelées TAI SABAKI en japonais (TAI : corps et Sabaki : déplacement) vont par leur fluidité et leur engagement générer une impulsion de l’axe vertébral qui va induire des mouvements de bras et de jambes. La forme et la direction de l’esquive vont engendrer des mouvements allant du centre vers la périphérie ou de la périphérie vers le centre. Les trajectoires seront orientées sur soi pour la défense ou sur l’adversaire pour ce qui est du contre.

 

 

Cette osmose des deux mains, se synthétise à travers une expression japonaise qui est  « Meo to té ». Ce concept peut s’exprimer à travers différentes expressions, ou « méta langage » (exemple : main yin et main yang !).  Sur un plan pragmatique, une des deux mains assure une défense tandis que l’autre attaque ou renforce la défense.

Elles sont autonomes ou dissociées, mais chacune agit pour un résultat commun : l’efficacité.

Le corps fonctionne comme un système de poulie ou d’engrenage qui permet d'accroître la vitesse ou la force, voire de changer de direction

1er Dessin

 

En Bleu : Le corps

En Jaune blocage

En Rouge Attaque

2ème  Dessin

 

En Bleu : Le corps

En Jaune Attaque

En Rouge blocage

 

Le rôle des mains lors des clés, étranglements, projections et déséquilibres

Notre existence s’échafaude autour du temps, de l’espace et des rapports avec autrui. Un seul mot synthétise cet ensemble dans la culture japonaise : le « Ma ».  Cette recherche de la juste perception de l'intervalle qui existe entre l'un et l'autre est peut-être Le secret des secrets dans le combat.

Une distance de proximité, va générer certains comportements reflexes tels que l’agrippement, dés lors la problématique du poing qui se ferme va resurgir. En se fermant pour saisir, la main ferme également ses vastes possibilités.

La configuration idéale pour réaliser une clé, un étranglement, une projection, un déséquilibre ou toute autre forme aboutie de préhension repose sur de nombreux principes indissociables.

La  « base » réside dans la capacité de fondre son action dans le rythme et la distance, mais il reste l’art et la manière… Le plus difficile étant de s’immiscer avec tact sans créer de réaction négative. Ces réactions seront engendrées par des stimuli ressentis comme agressifs,  pour cette catégorie d’engagement les stimuli sont généralement tactiles mais ils peuvent être également visuels. En sachant que l’effet d’un stimuli passe toujours par l’intensité et la durée, deux axes tactiques en résultent :

Le premier est le même que l’anaconda qui enlace insinueusement, lentement et en douceur sa proie pour  resserrer, comme un étau, son piège parfaitement mis en place. Dans ce cas la durée est longue et l’intensité part de zéro et est très progressive. Une deuxième image tout aussi intéressante démontre parfaitement ce cas, celui du pêcheur qui avec son hameçon attends que le poisson ait mordu suffisamment pour le ferrer et assurer sa prise ! Dans le jargon sportif, celui qui subit c’est laisser « endormir » Pour en arriver au stade de ne plus avoir la force de lutter et devoir se résigner et se soumettre, la confusion a été opérante.

Le deuxième cas, plus fréquent, est celui ou la durée s’exprime en instants et ou l’intensité est soudaine et maximale. Le cheminement et les principes sont les mêmes, cependant la difficulté est exponentielle à la vitesse. Si l’empressement, la précipitation et les contractions prématurées sont les principales entraves, le manque de vélocité sera tout aussi fatal !

La main à plus que jamais un rôle capital, il est donc indispensable d’acquérir une capacité de préhension et de placement juste permettant d’avoir la marge de manœuvre nécessaire à l’action engagée avec bien sûr l’appui de toute la logistique du corps.

Fortement attaché à sa verticalité et à ses axes, l’Homme y puise sa force et ses repères. Parallèlement, les mains qui construisent, structurent, façonnent ont par extension la capacité de détruire et de déstructurer. Ainsi, les clés, les étranglements, les projections et les déséquilibres visent avant tout à déstabiliser, amoindrir, immobiliser ou mettre à l’abandon l’adversaire.

Par un jeu subtil de directions allant tantôt vers le centre tantôt vers la périphérie, les techniques chercheront toujours à briser une harmonie corporelle hypothétique.

 

Clés : (Kantsetsu waza)

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Etranglement : (Shime waza)

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Déséquilibre : Kuzushi waza)

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Projection : (Nage waza)

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L’importance de chaque doigt dans la pratique martiale

La pratique martiale donne la possibilité aux mains de s’exprimer totalement. Si aucune partie de la main n’est mise à l’écart telle que la paume, le dos ou les tranchants  de la main,  les  doigts restent quant à eux « la partie » émergeante de la main.  A ces cinq doigts unis pour former la main, on leur attribue  un symbole et une fonction :

  Le pouce, le doigt du savoir (Fort, il incarne le coté masculin)

L’index, le doigt de l’action (il montre, dirige, il est aussi le doigt du toucher)

  Le médium, doigt de la sensibilité (grand, discret, centré, il incarne la sexualité)

  L’annulaire, doigt du statut social (il travaille toujours en association)

L’auriculaire, doigt du cœur et de l’affectif (il incarne le coté féminin, la finesse)
En Karaté il est intéressant de s’attarder sur une partie des rôles que chaque doigt peut avoir.

  Le pouce participe à toutes saisies et pinces. Il est le doigt fort ou le contrefort, il peut en barrage assurer un point d’appui. Etant à l’une des extrémités de toutes saisies il fait souvent l’objet d’attaques et de techniques de dégagements.

  L’index, est le plus souvent associé au pouce lors des saisies, cependant il est rare de voir une saisie ou tous les doigts agissent, généralement soit le coté index ou soit le coté auriculaire domine tandis que le coté opposé s’efface (à tort) dans l’action. L’association pouce/index peut agir en écrasement ou en pression (tous les doigts s’impliquent, comme les serres d’un aigle) mais en s’ouvrant il peut laisser la paume prendre un relai avantageux et ne donner que par sa direction l’orientation de l’énergie imposé à l’adversaire. Replié ou tendu l’index, peut agir en pression et en frappe grâce à l’appui des autres doigts.

  Le majeur, sera toujours le doigt engagé le premier lors des attaques de piques de la main.  Lors des coups de poing, plié, le majeur peut être ressortit et bénéficier d’une densité, grâce à la pression des autres doigts dirigé vers lui. Ce placement permet ainsi d’atteindre avec plus d’efficacité, par sa réduction de surface de contact des points vitaux tels que la carotide, les yeux, les espaces costaux etc. Le travail en pression est également possible.

  L’annulaire s’associe à l’action des autres doigts.

  L’auriculaire, est idéalement avec le pouce le doigt qui verrouille la main, le poing et les saisies. Dans les arts martiaux il est présenté comme le plus important des doigts, de part sa chaine musculaire qui n’interfère pas le dynamisme et la disponibilité corporelle. En pratique l’auriculaire est rarement placé et utilisé ! Etant la deuxième extrémité d’une saisie et  d’apparence plus faible  il fait souvent l’objet d’attaques et de techniques de dégagements. A noter que la main trouve sa force de serrage lorsque le poignet est en légère extension et s’incline sur le coté cubital (coté petit doigt) : Mouvement  « Kaketé » en Karaté.

 

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Pathologies

La pratique et le quotidien passant automatiquement par l’utilisation des mains il est normal de s’attarder sur les pathologies de la main.

Les traumatismes de la main sont un véritable enjeu de santé publique : 1400 000 personnes sont blessées par an dont plus de 62 000 cas graves (62% liés aux accidents de la vie courante – 28% des accidents de travail et 10% des accidents de voitures).

Les mains sont souvent victimes par le fait qu’elles cherchent à protéger instinctivement les autres parties du corps (exemples : les yeux lors d’éclats d’objet, de feu…).

Les mains à travers le karaté sont principalement victimes de luxations, entorses voir fractures, localisées aux niveaux des doigts notamment le pouce mais aussi aux poignets avec la redoutée fracture du Scaphoïde (tabatière naturelle) causée généralement par une mauvaise chute ou plutôt d’une mauvaise réception.

Ce qui caractérise la main c’est sa capacité de préhension et sa sensibilité. Cet outil parfait est aussi fragile ! Dés lors les pratiquants de karaté et d’autres arts martiaux ont cherché à façonner cette main en tant qu’arme. Par des exercices rudimentaire visant à endurcir sa structure et repousser ses limites face aux chocs et à la douleur, la main c’est transformée plus ou moins perdant de l’esthétisme avec l’apparition, de cales osseuses, de durillons de corne etc. dés lors la priorité était donnée, la sensibilité était relayée au troisième plan ! L’objet n’est pas de porter un jugement sur cette recherche d’efficacité liée à une époque conflictuelle où la durée de vie et les connaissances médicales ne permettait pas d’en faire une analyse. Mais aujourd’hui il ne faut pas perdre à l’esprit que tout traumatisme ou micro traumatisme est reconnu ne doit pas être banalisé et peut engendrer des séquelles de types : instabilités ou raideurs articulaires (terrain propice à développer de l’arthrose avec le temps). Un renforcement musculaire peut être préventif mais c’est avant tout la logique articulaire qu’il faudra respecter, le placement devra être juste et « bon » au sens très large du terme.

Les mains sont généralement une des premières parties du corps qui est observée chez une personne, elles reflètent :

  La considération que l’on a de soi (à noter que les pieds sont aussi très révélateurs !!!)

  L’image que l’on veut donner de soi (Les durillons sont ils la parure du guerrier ?)

 

Métaphores 

La voie de la main vide recèle de métaphores liées à la main ou au poing

  Le tranchant de la main est appelé SHUTO ou Sabre de la main
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  La frappe de poing coté auriculaire est appelé TETTSUI UCHI ou Marteau de fer
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  La frappe de poing avec l’index sorti est appelée NAKADA IPPON KEN ou poing démon
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  La frappe de poing enlacée avec l’autre est appelé KATCHI TSUKI ou poing fantôme
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La frappe de poing est appelé TSUKI ou Piquer.
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  Le pique des doigts est appelé NUKITE ou Percer.

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Selon les écoles, liées à leur origine géographique la terminologie japonaise peut varier.

Expressions

 

Dans le monde et au quotidien les mains sont omniprésentes. Dans la vie comme dans les locutions courantes, des centaines d’expressions nous le rappellent sans cesse. En voici quelques exemples issus de la langue française

- La main dans la main - Main de fer dans un gant de velours - Les mains dans les poches - Coup de main - Hommes de main - Jeux de mains, jeux de vilains. - Politique de la main tendue - Dessin à main levée - Clés en main - à main droite, gauche - à main levée - à mains nues - à pleine(s) main(s) - à portée de (la) main - De main de maître - De main en main(s) - De la main à la main - D'une main de maître - En un tour de main - En donner sa main à couper - En venir aux mains - Il l'a emporté haut la main - Accepter la main de quelqu'un - Arracher quelque chose des mains de quelqu'un - Arriver quelque part les mains vides - Avoir la main  - Avoir la main verte - Avoir la main leste, lourde - Avoir la main heureuse, malheureuse - Avoir les mains sales, propres, libres, liées - Avoir des mains en or - Avoir quelque chose en main - Avoir quelque chose entre les mains - Avoir un poil dans la main - Avoir la situation (bien) en main - Avoir quelque chose sous la main - Avoir le cœur sur la main - Etre habile des deux mains - Fabriquer quelque chose de ses propres mains - Faire quelque chose de main de maître - Faire quelque chose de ses (propres) mains - Faire quelque chose à la main - Faire quelque chose avec ses mains - Forcer la main à quelqu'un - Frapper dans ses mains - Gagner haut la main - Marcher la main dans la main - Ne pas y aller de main morte - Ne pas arriver à mettre la main sur quelque chose - Offrir un coup de main à quelqu'un - Parler avec les mains - Passer la main - Rentrer les mains vides - Venir manger dans la main de quelqu'un ……………………..

 

 

Quelques citations :

Que dire de plus quand les mains et les mots expriment tant de choses…

"La main est la partie visible du cerveau." Emmanuel Kant
"Donne tes mains pour servir et ton cœur pour aimer." Mère Teresa
"L'art est beau quand la main, la tête et le cœur travaillent ensemble." John Ruskin
"Tant de mains pour transformer ce monde, et si peu de regards pour le contempler !" Julien Gracq
"On transforme sa main en la mettant dans une autre." Paul Eluard
"Femmes, c'est vous qui tenez entre vos mains le salut du monde." Léon Tolstoï
"Joindre les mains, c'est bien, mais les ouvrir c'est mieux" Louis de Rastibonne
"La main n'atteint pas ce que le cœur refuse." Thomas Fuller
"Les mains qui aident sont plus sacrées que les lèvres qui prient." Saï Baba
"Pour tomber on se débrouille seul, mais pour se relever la main d'un ami est nécessaire." Proverbe yiddish
"Le parfum subsiste toujours au creux de la main qui offre la rose." Walt Whitman
"L'avenir, c'est ce qui dépasse la main tendue." Louis Aragon
"L'homme pense parce qu'il a des mains. " Anaxagore de Clazomènes
"Te préoccuper de ton sort après la mort est aussi absurde que de t'interroger sur ce que devient ton poing en ouvrant la main." Sagesse bouddhiste
"Regardons nos consciences comme nous regardons nos mains, pour voir si elles sont sales." Florence Nightingale
"Certains ont l'air honnête, mais quand ils te serrent la main, tu as intérêt à recompter tes doigts." Coluche
"En prenant l'enfant par la main, on prend la mère par le cœur." Proverbe Danois
"Le bonheur est un oiseau qui se pose sur la paume de la main, pour le garder il ne faut pas essayer de le saisir." Noureddine Khedim
"Main à plume vaut bien main à charrue." Proverbe québécois
"Une main, même vide, est parfois d'un grand secours." Jean Ethier-Blais
"L'argent n'arrive pas dans les mains fermées. " Serge Uzzan
"Le progrès technique est comme une hache qu'on aurait mis dans les mains d'un psychopathe. " Albert Einstein
"On a besoin de ses mains pour dire les choses que la parole ne traduit pas. " Anne Hébert

 

Divers

 

La main balaye tellement large qu’il est frustrant de ne pas pouvoir développer tous ses champs d’action !

Effectivement la main est présente dans les Arts martiaux « Externes », « Internes » et les disciplines dites thérapeutique. Il apparait donc comme un manque de ne pas aborder la main à travers le Tai chi chuan, le Chi quong, le Do in (digipuncture), Seifuku (l’art de remettre les articulations,), le massage, le shiatsu…

Dans un autre registre, après avoir eu comme élève, un jeune sourd muet ou les mains se substitue à la parole par le langage des signes, passer complètement sous silence ce cas d’utilisation des mains m’aurai coûté tant le souvenir est fort, et indescriptible par les mots !

 

Les mains dans la recherche du bonheur et de la sagesse !

Introduits par un moine Bouddhiste de la secte Tendai vers le 7ème  siècle , trois singes symbolisent le bonheur et la sagesse, ils s'appellent Mizaru (L'aveugle), Kikazaru (Le sourd) et Iwazaru (Le muet). Plus précisément, leurs noms veulent dire "je ne dis pas ce qu'il ne faut pas dire", "je ne vois ce qu'il ne faut pas voir", et enfin "je n'entends ce qu'il ne faut pas entendre"

Une des plus anciennes représentations connues de ces trois singes se trouve à Nikko au Japon. Elle est attribuée au sculpteur Hidari Jingoro (1594 – 1634).

Une autre interprétation est également connue :

  Il y a ceux qui voient des choses et en parlent, mais n'écoutent pas ce que l'on leur dit...

Il y a ceux qui ne voient rien, écoutent les autres et en parlent...

  Il y a ceux qui entendent et voient des choses, et n'en parlent pas...

 

 

Ce que mes mains ont fait :

Depuis le 9 juin 1999 date de l’obtention du 5ème  dan, mes mains ont :

- Coté Famille, aimé, comme depuis toujours ma femme, mes deux filles et mes proches, avec comme seul reproche de leur part, trop d’implication dans le karaté-do et ce à leur détriment ! Mes mains ont aussi le regret de ne plus pouvoir se joindre à celles de mon père au jour du  20 avril 2006.

(Coté professionnel, passion et Karaté-do),

- Travaillé, comme depuis sa création au sein du Club (TOS Karaté) à raison de 18 cours par semaine. Le club à atteint jusqu’a 446 licenciés en 2004 (2ème place nationale du "Top 50" !) Aujourd’hui le club c’est 344 licenciés et des résultats sportifs très honorables ! - Cherché à progresser, toujours avec humilité à travers de nombreux stages fédéraux mais surtout wado-ryu avec Hironori Ohtsuka (10ème dan fils du fondateur de l’école), Masafumi Shiomitsu (9ème dan responsable européen de la wado-Ryu academy) et Kazutaka Otsuka (6ème dan et petit fils du fondateur de l’école). Au-delà de l’apport technique exceptionnel les 56 stages sur 113 effectués avec ces gardiens de la tradition m’ont fait découvrir des pays mais surtout des pratiquants humainement formidables.

- Assumé le poste de Responsable CORG (Champagne/Ardenne) depuis 2002. Partit  du stade ou tout était à faire, j’ai rempli ma mission en constituant une véritable EQUIPE de juges compétents. Par la formation et l’information j’ai contribué à donner des repères aux candidats et professeurs. Mon travail associé à  celui de l’ETR a permis de redonner du crédit à notre fédération.

- Œuvré pour le Wado-Ryu en endossant le poste de président de la Wado-Ryu Académie France jusqu’en 2005 (pendant 7 ans). Cette association jusqu’alors discrète et marginale à atteint 1230 adhérents et acquis une trésorerie saine, se permettant d’engager des actions ponctuelles. Le grand pas à été, que cette association se soit rapprochée de la FFK et fonctionne désormais dans une logique fédérale.

- Ecrit un livre destiné à l’enseignement des enfants de 5 à 6 ans. Ce livre construit sur l’idée de proposer une saison entière « clés en mains »  avec 45 cours préparés appuyés par des conseils pédagogiques attend sur une étagère l’envoi à un éditeur…

- Mis en place au sein de l’école supérieure de commerce de Troyes (ESC) un module culture générale  « Arts martiaux et management ». L’indice de satisfaction (98,89%) est à la hauteur de la préparation et de l’investissement humain engagé.

- Aidé à rééduquer un genou gauche opéré d’une plastie ligamentaire après une rupture totale des ligaments croisés… Une épreuve de plus dans la vie !

- Eu aussi des déceptions, la vie donne ses leçons. Sans parler des valeurs du Budo, les simples valeurs humaines sont difficiles à atteindre. J’ai appris avec le temps à ne pas attendre trop d’une seule personne !

- Commencé l’apprentissage de la Guitare depuis 7 ans… une autre voie des mains !!!

 

Après propos :

 

Ce mémoire à été une grande expérience, mais  tellement de choses restent à dire, ou à être développées avec plus de profondeur.

J’espère avoir réalisé un mémoire attrayant et surtout intéressant !

Comme je dis à mes élèves (et je ne suis pas le seul à tenir ce discours) :

- « L’essentiel est de prendre du plaisir »

À travers les mains, mes mains ont pris beaucoup de plaisirs dans la réflexion, l’écriture et surtout la pratique…

La voie de la main vide n’est pas vide de sens…

 

Remerciements

Avec beaucoup de respect, je remercie Bernard Bilicki pour sa confiance,

Merci à Fabrice Sisternas  « L’homme aux multiples casquettes » : Président de club, Partenaire pour les photos et l’examen, Correcteur d’orthographe et surtout AMI.

A Didier Vogel Photographe  « passionné »

Ma gratitude s'adresse également à Fréderic Loisel et Jonathan Doux qui passionnés d'informatique (et de karaté) ont mis en ligne ce mémoire avec tout leur professionalisme.. Merci pour ce superbe travail.

Et à tous ceux qui sont dans mon cœur…

 

Bibliographie :

LA MAIN (Parking de nos angoisses) de Pierre-Marie Dolle aux éditions Gérard Louis

Cerveau et motricité de Jean Massion aux éditions PUF.

Sciences  et Avenir  - Octobre 1992 – Article écrit par Robert Gellly

Internet : divers sites notamment http://fr.wikipedia.org/wiki/Main

 

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